Textes 2


‘A' COMME LA GORGE DU MOUTON


Ce blabla continu m'éreinte tout comme ton silence m'irrite.
Petite créature pathétique génératrice de véhémence et de violence,
Il ne demeure qu'un seul talent possible.
Celui de disparaitre et de te faire oublier comme un vieux cabot incapable d'enterrer ses déjections puantes.
La dignité, il ne faut même plus y compter.
L'oublie peut te séduire, néanmoins ton passage,
Ton intrusion laisse un petit quelque chose de nauséabond.
Nauséeux plutôt, nauséeux certainement.
Avec tout cela tu dois bien l'être.
Coloscopie....les dieux t'ont bénit.
Qu'espérer de mieux pour se sentir existant.
Je jubile à l'idée que ce pauvre petit orifice ait tant souffert.
Lui qui n'avait pas demandé grand-chose, ni fait d'autres promesses que de chier et de se dilater au besoin...
Promettre à tout va et disparaitre,
Voilà tes seules aptitudes.
Si encore que n'embourbait que toi-même,
Mais non ça ne te suffit pas.
Il faut que tu y colles les autres. Ceux en particulier qui ne t'on rien demandé.
Assoiffé d'attention, tu sèmes la discordes dés que tu desserts les mâchoires.
Mâchoires longuement éprouvées lors de séances prisées aux abords de Dame cuvette.
Ni clef ni appartement...locataire chimère d'un appartement éphémère

Seul réconfort possible, la présence fortuite d'un suppositoire effarouché
Constipation chronique, ton bonheur dépend de ton caca.
Qu'en est-il de celui des autres ?
Coprophile averti...tes gargarismes récurrents ne sauraient dissimuler les vapeurs de ta mauvaise fois.
Le seul désir que ton souvenir me laisse,
Est ce besoin de trancher ta gorge grasse comme celle du mouton.
Ton œil morne me lorgnant,
Les babines baveuses,
Et la mollesse précédant la raideur du condamné n'attendent plus que toi !


SBonnot©paris08/04/2007 



NOYAUX


Petite chose oblongue tu te niches au cœur du fruit, t'épanouis dans sa chair
Et refuse, insoumis la mécanique maxillaire de nous autres bipèdes indécis.
Tu es la menace constante après le plaisir d'un pulpé sucré délicat, mais ta dureté est un pari garanti.
Nul doute tu nous la briseras,
Cette molaire téméraire qui domine en toute fermeté notre empire buccal.

Tu penses nous dissuader mais cela sans compter l'audace de certains d'entre-nous.
Croquer n'est qu'une approche primaire.
Pensons à la secondaire.
Tu impressionnes par ta dureté. Mais pas par ta taille.
D'un coup sec je peux te briser,
Livrer ton cœur au grand jour
Et exposer ta suffisance à tous ces oiseaux avides de ta tendresse bien gardée.
Seulement, Noyau, tu oublies quelque chose !

Que diras-tu une fois avalé, tout rond sans autre arme que ta raideur immuable,
Là-bas en bas,
Tyrannisé par mes sucs gastriques et autres borborygmes !
Tu ne diras rien tu ne piperas mot !
Noyé dans la confusion des sentiments acides, dans l'aigreur de ta rancune et dans les méandres boyautaires de mon ventre.
Que reste-t-il ?

Une promesse végétale oubliée. Tu en as bien dissuadé certains, snobant les autres, qui eux te lorgnaient de manière trouble ou décidée.
Tu y passeras, cher ami du fruit !
Cœur solitaire arraché à ta branche séculaire.
Tu pourras, sait-on jamais, achever ta croisade au pied du branchu,
Contemplant ce dernier,
Compatissant pour ce destin enfin effleuré.

Tu riras sans scrupule à la vue de ces membres humains qui arracheront tes confrères dans la moindre impunité.
Tu maudiras leurs progénitures qui suceront, avides le manteau pulpaire des tiens,
Ceux qui n'auront pas eu ta chance !
Tu hurleras dans ton fort intérieur au crime noyautaire, mais au fond tu ne feras qu'une chose : te taire.

Tes frères déportés dans des paniers d'osiers ne seront plus là pour contempler ta gloire.
Gloire incertaine tout de même, tu dois bien te l'avouer.
Et pourtant,
Succès éphémère, puisqu'achevé sous les broches de mon motoculteur.


SBonnot©paris06/08/2007 



MOTS


Déferlantes de lettres qui s'abattent et s'égrainent au fil des pages,
Mercenaires de la virgule et du point,
Vous meurtrissez le territoire de ma feuille.

Ils grouillent comme des fourmis.
D'aspect stoïque, ils interpellent le voyeur communément nommé lecteur.
Ce dernier se divise en différentes castes :
Les cons et les autres.

Voyeuse dès le plus jeune age, j'ai appris à me complaire dans l'opulence du mot,
Dans sa contrainte rhétorique, sublimer ses abus de langage.
Au diable la faute d'orthographe, fissa de la didactique !

Ce qui compte chers amis, c'est la verve,
Le piqué coulé de cette masse similaire et constamment variable,
Qui tantôt t'accable de nullité et tantôt te porte aux transes.

Tu maudis ces étrangers plus ou moins consentis dans ta vie qui toujours tenteront un Réquisitoire attentionné, au moment forcément le moins opportun.
Combien de fois, ma mère a ruiné mon coup !
Combien d'ex suffisants se sont sentis lésés et on connu l'indifférence !
Mais au fond je les comprends ! Comparés à vous autres nous ne sommes rien.
Les mots survivent, eux.
Relatent nos erreurs patentées et se targuent de les faire ressurgir au pire moment.

Le mot est libre, pas comme nous autres abrutis de la vie.
Le mot résiste, s'évade, ne rend aucun compte, légitimé par sa seule existence,
Au détriment parfois de son géniteur.
A chaque fois il encourt le risque d'une ignorance déconcertante et d'une mort certaine. Achevant son ego.

Outil de distraction massive tu illumines tout aussi bien la destruction collective.
Propagande !
Vous couvrez les pages sur un martèlement de touches, vous vous dispersez discrètement et incendiez des vies entières sans connaître le scrupule.
Quelle chance.

La fièvre que tu provoques dans ta mise en œuvre, la volupté de ces syllabes audacieuses se Construisent en silence,
Ouvrent un territoire sonore quasi palpable.
Le bruit et le bruissement des mots. Le froissé du papier.
Champs de bataille conçus dans des dentelles de lettres, tu t'épanouis,
Nous rassasie parfois et souvent nous laisse pantois.
Tu t'en amuses, j'en suis certaine !

Et pour cause!
A chaque auteur transcendé nous hurlons comme le moinillon ou l'amante avide :
ENCORE ! ENCORE !


SBonnot©paris07/08/2007